lundi 9 février 2015

22/11/63 - Stephen King



Paru en février 2013
Le livre de poche
9.90 euros
1044 pages

2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d'une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d'un cancer. Une « fissure dans le temps » au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d'empêcher l'assassinat de Kennedy. Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d'Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d'un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d' une jolie bibliothécaire qui va devenir l'amour de sa vie. Il va aussi découvrir qu'altérer l'Histoire peut avoir de lourdes conséquences... Une formidable reconstitution des années 60, qui s'appuie sur un travail de documentation phénoménal. Comme toujours, mais sans doute ici plus que jamais, King embrasse la totalité de la culture populaire américaine.

Mon avis

J’ai commencé ce livre en lecture commune avec Cupcakes, du blog Les lectures d’un Cupcakes, ma nouvelle partenaire. Je l’avais depuis quelques temps dans PAL, et j’avais vraiment très envie de le lire. Stephen King est mon auteur préféré, et jamais je ne trainerais à lire l’une de ses parutions ! J’en avais beaucoup entendu parler sur la blogosphère, et la plupart des avis étaient très positifs, qualifiant ce roman, ou plutôt ce pavé (1044 pages, tout de même) de chef d’œuvre ! Je peux vous dire qu’aucun de ces blogueurs ne s’est trompé.
C’est véritablement un chef d’œuvre, probablement un des meilleurs roman de Stephen King. Pour moi, c’est un coup de cœur. Dès le départ, j’ai été enveloppée par l’histoire. Comme à son habitude, King a été un conteur hors pair. Il m’a fallu peu de pages pour rentrer dans son univers, son écriture étant toujours aussi agréable, et le rythme soutenu et fluide.

L’histoire se déroule au départ en 2011, on apprend à connaître le personnage de Jake Epping, un professeur d’anglais fraichement divorcé, passionné par son métier, l’enseignement. Il assure les cours d’adultes le soir, et un jour, parmi le tat de copies, une attire son attention, et le bouleversera à tout jamais. En effet, le père ce cet élève, Frank Dunning, a assassiné sa femme et tous ses enfants, sauf Harry Dunning, qui sera le seul survivant. Un soir, un appel à la salle de professeur le surprend. C’est Al Templeton, un ami qui lui demande de venir de toute urgence à son restaurant pour lui parler. Jake, à son arrivée, le trouve mourant et vieilli, alors que la veille, il servait ses clients en souriant, plein d’énergie. Al a un cancer des poumons. Comment est-ce possible, d’attraper un cancer des poumons en une nuit ? Jake ne tardera pas à découvrir pourquoi. Al a une requête à lui faire. Aller dans le passé, par « le trou du terrier », une faille temporelle, conduisant en 1958, presque cinquante année plus tôt, pour empêcher l’assassinat de John Kennedy. J’ai beaucoup aimé le personne d’Al, je l’ai trouvé courageux, malgré la maladie et la souffrance qu’il traversait, pendant ses derniers jours d’existence.
King, de part son talent, arrive à rendre crédible au lecteur cette histoire de faille temporelle, de retour dans le passé. C’était d’un réalisme fascinant. Là où certains écrivains auraient rendue la chose impossible, King l’a rendue presque crédible.
Jake tente donc sa chance, et redécouvre donc la ville de Lisbon Falls où il a habité pendant si longtemps, mais à une époque où toute la technologie qu’il connaît si bien a disparu. Pas de téléphones portables, pas de GPS, rien de tout ça n’existe. Il découvre une autre version de l’Amérique. Moi qui ne connaît pas tant que ça les années 60, j’ai adoré. Je trouve qu’elles avaient une saveur différente. Il y a plus de solidarité entre les gens, c’est différent de l’indifférence des années 2000 dans lesquelles nous vivons. Quand je lisais, j’ai été comme enveloppée par cette époque, presque comme si j’y étais. J’étais véritablement transportée à Lisbon Falls, le premier septembre 1958, un jour d’été. Les débuts de la télévision en couleurs, les bonnes vielles musique ; l’odeur de la fumée de la pipe. J’ai vraiment trouvé du charme à cette époque, où il n’y avait pas besoin d’autant de choses qu’aujourd’hui pour être heureux, où il suffisait tout bonnement de vivre et d’aimer, simplement.

La vie était différente, très différente de l’égoïsme d’aujourd’hui. Ce roman est un hommage aux glorieuses années soixante, les « sixties », cette belle époque. C’était tout bonnement génial, même si tout n’est pas rose dans années 60. Il y a aussi le racisme anti noir, très présent au Etats unis, mais aussi la guerre froide. Je ne me suis pas lassée de découvrir cette époque, et même maintenant que le livre est fini, je ne m’en suis pas complètement remise, tellement j’avais l’impression d’y être, de faire partie de ces années magiques. 

J’ai trouvé les personnages terriblement humains, même ceux qui pouvaient me dégouter le plus, être le plus démoniaque, King arrivait tout même à leur trouver un côté humain, avec des défauts, des petits travers, des qualités, une histoire. C’est ce qui a toujours été la force des personnages dans les livres de King : l’humanité des personnages. Mais c’est également ceci qui parfois, peut nous faire frissonner, et les rendre méchants et effrayants, car on peut toujours s’y identifier d’une façon ou d’une autre. Même Lee, l’assassin de Kennedy, possède ce petit quelque chose, qui fait qu’on arrive quand même à s’attacher d’une façon ou d’une autre. C’est son côté humain que l’on découvre en premier, en entrant dans sa vie, en découvrant son quotidien, son travail, sa femme et sa fille. J’ai trouvé ça fascinant. On apprend à connaître l’homme en premier avant l’assassin.
Jake est bien évidemment celui que j’ai le plus apprécié. Plus les pages passaient, plus j’apprenais à le connaître et plus je l’aimais. J’ai son réalisme et sa crédibilité. Il lui a fallu de temps pour accepter la vérité, l’existence de cette faille temporelle. Il réfléchira beaucoup, posera beaucoup de questions à son ami Al avant de se lancer dans cette expérience. C’est un homme incroyable, il m’a beaucoup touché. Il lui arrivera beaucoup de choses horribles, tout au long de sa quête on le verra avancer, tomber, se relever puis recommencer. Il a accepté la requête de son ami mourant, alors qu’il aurait bien pu refuser et continuer sa vie, au lieu de porter ce poids sur ses épaules en mentant et en risquant sa vie dans le passé. Son personnage m’a émue jusqu’à la toute dernière page.

Il souhaite accomplir sa mission à Dallas, en empêchant l’assassinat du président, mais d’abord, il veut à tout pris effacer d’assassinat de la mère ainsi que des frères et sœur d’Harry Dunning, son élève qui avait écrit cette copie qui l’a tant bouleversé. On suit donc Jake jusqu’à Derry, une petite ville misérable où à eu lieu beaucoup d’assassinats d’enfants. Je n’ai pas beaucoup aimé la ville de Derry, je l’ai trouvée « austère », les personnages y étaient tous froids, et figés. Malgré cela, l’histoire prend un tournant dans cette partie du roman, et sauver les frères et sœurs d’Harry Dunning fera de Jake un homme nouveau. Arrivé à Dallas, il fait beaucoup de recherche sur le futur meurtrier de John Kennedy, Lee Harvey Oswald. Ca m’a permis d’en apprendre beaucoup. Ce roman est le fruit d’un travail de documentation très poussé sur les années 60, que Stephen King a réalisé avec brio, j’ai trouvé ces parties très intéressantes. La précision de cette documentation donne encore d’avantage de réalisme au récit.

Il y a aussi, dans ce livre, une jolie histoire d’amour. C’est ce qui change un peu des habitudes de King, je n’en avais jamais vue de comme ça dans un de ces romans. En effet, s’installant à Jodie, Jake (ou George, son nom d’emprunt) rencontre Sadie, une jeune bibliothécaire au lycée de Denholm. Il tombe rapidement sous son charme. Leur amour est vraiment poignant et à tout épreuve. J’ai adoré le personnage de Sadie, c’est une jeune fille très simple, à qui on peut facilement d’identifier. On sent que leur amour est vrai qu’ils feraient tout l’un pour l’autre, et au cours de l’histoire ça se vérifie. Même si Jake n’est pas de la même époque, on fini par sentir qu’il ne repartira pas sans elle. C’est une histoire d’amour sortant de l’ordinaire, en effet, c’est « intertemporel » (je ne sais même pas si ça dit). Si Jake repars après sa mission, Sadie aurait quatre vingt ans en 2011. Elle ne souviendrait sans doute pas de lui, et ça en sera fini de leur histoire. Cette pensée m’a émue, et tout au long du récit j’ai redouté de les voir séparés. Cette crainte m’a tenue en haleine.

Ce roman est différent de tous les autres de King. Il y a quand même ce petit brin de fantastique, d’étrange, c’est du King, c’est clair mais il est tout de même différent des autres. C’est une magnifique histoire de voyage dans le temps, il y a du suspense, de l’Histoire, mais aussi une histoire d’amour. Et ce délicieux parfum des années 60, qui nous berce au fil des pages. C’est tout simplement un chef d’œuvre.​





L'avis de ma partenaire : /

15 commentaires:

  1. je me souvient avoir essayé de le lire l'été dernier mais quand j'ai vu le pavé que c'était et qu'il me fallait une heure pour lire un pauvre chapitre, j'ai laissé tombé et je l'ai rendu.
    non pas que l'histoire n'était interessante mais j'ai été découragé

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est dommage, tu devrais retenter ta chance

      Supprimer
  2. Olalalah, j'ai vraiment encore plus envie de le lire !
    Il me fait de l'oeil a chaque fois que je le vois dans ma PAL ... Je suis en vacances la semaine prochaine, ça sera peut être l'occasion :D
    Merci pour ta superbe chronique ! Bisous !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vu qu'il est très long, je pense que ce serais une bonne idée de le lire plutôt pendant les vacances ;)
      Merci à toi !
      Bisous

      Supprimer
  3. J'aime beaucoup ta chronique qui donne envie de lire se livre. Malheureusement, j'ai bien vue à quoi ressemblait le livre... il est beaucoup trop gros pour moi mais peut-être me laisserais-je tenter un jour ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci !
      C'est vrai qu'il est long mais je t'assure que je n'ai pas vu les chapitres passer...
      Oui, peu être un jour :3

      Supprimer
  4. Super chronique!! Je l'ai lu il y a quelques mois, je l'avais acheté principalement parce que le thème de fond était Kennedy et que je suis passionnée par cette histoire (va savoir pourquoi ^^), et je n'ai vraiment pas été déçue!! Même si au milieu j'ai trouvé qu'il y avait des longueurs, l'histoire est tellement bien tournée, King a inventé un contexte génial, et j'avais l'impression de me retrouver dans les années 60 et de voir tout ce qui y était décrit! Super roman ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je trouve également cette histoire interessante : on a jamais vraiment su la vérité sur cette histoire. J'avais aussi l'impression d'y être, c'est fou ! ^^

      Supprimer
    2. Oui c'est ça! Et je ne sais pas pourquoi mais dans ma tête j'espérais vraiment avoir un indice sur ce qui s'est réellement passé haha ^^.

      Supprimer
    3. Moi aussi, j'espérais que Stephen King me mette la puce à l'oreille avec une opinion, quelque chose comme ça ^^

      Supprimer
  5. Si j'ai l'occasion un jour de me plonger dans cette histoire, je pense que je le ferai ;)

    RépondreSupprimer
  6. J'ai résisté à la tentation de l'acheter en VO, mais après ton avis, je crois que je vais filer le prendre !

    RépondreSupprimer
  7. Wahou super chronique!! J'adore Stephen King et il va falloir que je sorte ce livre rapidement de ma pal

    RépondreSupprimer
  8. J'ai adoré cette histoire !!! excellent Stephen King !!! comme d'habitude

    RépondreSupprimer